« Des vanités au chaos »
François GOALEC dépose Lookace BAMBER.*
Exposition d’art présentée à
la Maison de l’Architecture de Picardie
Du mercredi 22 novembre au mardi 19 décembre
Vernissage le mardi 21 novembre à 18h00
15
rue Marc Sangnier à Amiens
Ce titre générique comprend un ensemble de 15 ans de travail aux approches thématiques et esthétiques différentes. D’une manière générale, pour trouver une filiation et une cohérence à leurs diversités et à leurs lectures, j’ai numérisé ces œuvres de la même façon qu’un compositeur remixe sa création pour adjoindre une nervosité et une couleur supplémentaires à l’ensemble de sa production.
Des vanités au chaos rappellent tout simplement notre attitude face au néant. Ce titre préambule pourrait s’accompagner de l’expression latine Memento mori qui signifie souviens-toi que tu vas mourir. Elle génère des créations de toutes sortes, partageant toutes le même but, celui de rappeler aux hommes qu’ils sont mortels.
En accolant le mot Chaos a celui de vanité, il va de soi que le regard que je porte sur la société est de fait un regard angoissé. Ce monde me fait peur et me fait mal. La peur de ce monde provoque en moi la nécessité de créer, d’aller chercher dans le mal connu des réponses au décryptage de notre planète sauvagement bafouée par l’économie du profit. Prendre le chaos comme source d’inspiration n’est pas, de mon point de vue, me lamenter sur le désastre du monde. De cette attitude, c’est sans doute l’espoir de trouver l’expression d’un langage qui place l’homme et la nature au cœur de ses exigences premières qui m’anime. Comment faire ? Je n’ai aucune recette, aucun savoir. Très souvent l’art que je pratique m’échappe. Il me conduit sur le territoire de mes doutes. À croire que je les cultive. Il produit peut-être des bribes de réponses à cette quête de
la Vérité. Mais c’est quoi au juste la vérité ? C’est quoi la vérité d’un artiste ?
Pour illustrer cette idée de Chaos je propose d’accrocher les tirages de la série « l’errance du monde et les temps morts de l’utopie » accompagnée d’un clip vidéo — musique de Daniel Biry — et
la série Moxland , « ce monde qu’il faut quitter ».
Enfin, entre l’espace linéaire dédié aux vanités et au chaos, s’interpose un hommage à Raymond Hains le Nouveau Réaliste et à Hans Hartung l’expressionniste abstrait. Les âges se font ainsi face. Ils dialoguent et s’interrogent sur leur part d’héritage ou d’opposition. Nous venons tous d’une très longue histoire et la mienne est issue et s’illumine de leurs combats et ceux de mes pairs, faits dans des temps différents. En écho, deux livres VII oracles pour l’obscur et Le lupanar des artifices parachèvent ce parcours. Un texte de Michel Butor et Raphaël Monticelli « conversation dans une chambre obscure » éclairèrent de leurs propos l’ensemble de cette exposition qui se veut pour le mieux singulière.
* Lookace BAMBER est issu de mon imaginaire. Personnage de fiction, il est une béquille de lumière à la noirceur de mes spleens. Sous l’artifice du pseudonyme, il m’autorise à jouer avec les jeux et les noms de mon je, de mourir ou de renaître comme les héros virtuels des jeux vidéo. Imaginé comme un modèle idéal inoxydable, il me mémorise un terrain d’aventure dans l’espace de mes contradictions. Partenaire, il me critique, me jalouse ou m’encense dans la sitcom que nous jouons ensemble dans le prime-time des temps inutiles. Futiles. Il sculpte et lévite mon Ego dans la pampa des Cultures. En usant de ce double, il dédouble ma vue et donne à mes flous d’illusoires nettetés. Whisky please. Vas chercher ailleurs le BONHEUR. Le Monde est fou, il se désaffecte des hommes. Comptable de l’inutile, Lookace Bamber totalise mes lâchetés et mes silences. Il éructe mes colères enfouies. Il en tire sa lumière, exhume des mots apatrides de ma parole et projette sur mes écrans la débauche de mes peurs. Il imprime sur l’étal de mes émois le label de ses icônes. C’est quoi le Monde ? Je me tripote. Dans la luxure de ses fantasmes Lookace BAMBER surfe sur mes limites et nique mes effets. Un vrai faux frère.
Du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h, entrée libre
à la Maison de l'Architecture de Picardie
15 rue Marc Sangnier
80000 AMIENS
Tél. 03.22.91.62.04 / Fax. 03.22.72.28.45
Mail. ma.picardie@wanadoo.fr
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